Autrices à pile ou à poil, déjantées, ensorcelées ensorceleuses, semeuses de verbes hauts ou d’adjectifs ou de bons mots, sortez vos plumes et vos stylos ! Vous êtes de celles qui tiennent le crachoir, des enquiquineuses qui n’ont pas peur d’en découdre, ou bien de celles qui se taisent par crainte, abnégation, ou simplement par habitude. Du chien, du mordant, de l’audace ! Carabosse se veut une revue qui fait la part belle aux autrices de tous bords, n’hésitant pas à emprunter les voies de l’expérimentation. Carabosse se pense comme un laboratoire poétique, c’est-à-dire un espace à habiter qui se compose en permanence et témoigne de pratiques diverses. Fenêtre sur la création féminine contemporaine, elle interroge la fabrication du texte littéraire en proposant non seulement des œuvres singulières, mais aussi des notes de lecture, ainsi que des entretiens avec des écrivaines engagées dans les enjeux actuels.

 

Pour ce premier numéro, nous commencerons par explorer un territoire sensible, celui d’un corps féminin loin de la muse ou du fantasme. Longtemps dépossédées de leur image, les femmes s’émancipent encore difficilement de la dictature orchestrée par l’industrie et la publicité. L’obsession de l’apparence réduit à des représentations hypersexuées et truquées et le cantonne à être un objet de désir.

 

Besoin absolu et présence nécessaire de l’intime ! Dire la relation complexe qui s’instaure avec son propre corps, fait se rejoindre le littéraire et le politique.

Corps écrit, puisqu’on parle de lui, corps écrivant puisqu’il se dit. Générateur et producteur d’une parole poétique, comment le corps des femmes est-il pris en charge par les voix de poétesses aux accents multiples ? Nous ne ferons que poser quelques jalons dans le foisonnement d’une langue poétique qui se redéfinit sans cesse et cherche à dessiner les contours du sujet-corps, chair féminine éprise, mais refusant de se laisser accaparer au détriment de son désir propre.